Les fresques

Historique et Caractéristiques Techniques

La peinture murale étudiée s’inscrit dans la tradition de l’art roman primitif, caractérisé par des motifs picturaux simples et des coloris emblématiques tels que l’ocre jaune, l’ocre rouge, la terre verte, le blanc de Saint-Jean et le bleu d’azurite. La double bande en jonction d’arc rouge et verte à points blancs, fréquente à cette période, témoigne de l’influence stylistique de la fin du XIe siècle au XIIe siècle. Le traitement des drapés et des visages, marqué par un soin particulier aux expressions faciales, reflète une forte influence byzantine.

Les exemples comparatifs notables de cette période incluent :

  • Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe (86)
  • Église Notre-Dame de Gourdon (46)
  • Chapelle Saint-Martin de Fenollar (66)
  • Église Saint-Sulpice de Coulangé
  • Église Notre-Dame d’Areines (41)

La technique utilisée est celle du buon fresco (peinture à fresque), où les pigments sont appliqués sur un enduit de chaux humide. Ce procédé permet une fixation durable des couleurs grâce à la carbonatation.

État de Conservation

Le support, un enduit de chaux et sable en deux passes, est cohérent avec les pratiques de l’époque. Cependant, des dégradations importantes sont visibles :

  • Pertes et reprises d’enduit, notamment autour d’un conduit de cheminée.
  • Badigeons de chaux et de céruse (blanc de plomb) en dernière couche ont altéré la lisibilité de la peinture murale. L’oxydation de la céruse a entraîné un noircissement, bien que la couche picturale ait été partiellement protégée par un badigeon intermédiaire.
  • Arrachements de surface causés par des tentatives de dégagement non professionnelles, griffant la couche de calcin.
Interventions de Restauration

Un protocole rigoureux est proposé pour préserver et restaurer l’œuvre :

  1. Nettoyage délicat
    • Purge des enduits récents après protection périphérique (pose de facings).
    • Dégagement des badigeons au moyen de brosses souples et gommes tendres.
    • Traitement des résidus de céruse oxydée par compresses et nettoyants adaptés après tests.
  2. Consolidations
    • Solins en périphérie des pertes.
    • Injections de coulis de chaux dans les fissures selon la méthode Torracca, avec mise sous presse.
    • Imprégnation de la couche picturale à l’hydroxyde de calcium et ponctuellement au caséate de calcium.
  3. Restauration volumétrique et picturale
    • Reprises des grandes lacunes avec un enduit similaire au gobetis, en léger sous-niveau.
    • Colmatage des petites lacunes « à fleur » avec un enduit de finition comparable à l’original.
    • Réintégration picturale avec techniques a puntilli (pour les petites zones) et a tratteggio (dans les lacunes) à base de pigments naturels et caséate de chaux.

Source : Sabine de Freitas et Corinne Tual, Conservatoire Muro dell’Arte.

Prochaines Étapes

Afin de garantir la préservation de cette fresque, des dossiers de financement seront déposés auprès des institutions compétentes. Ces démarches visent à mobiliser les ressources nécessaires pour mener à bien les travaux de restauration et assurer la pérennité de cet héritage artistique et historique.